Rencontre avec Jean-Yves METAYER-ROBBES , psychanalyste - Le Havre

16 octobre 2008

  

0_1

 

 

 

Jean-Yves Metayer-Robbes, vous êtes Psychanalyste, coach en relaxation et écothérapie . Qu’est ce qui vous a amené à devenir coach ?

Jean-Yves Metayer-Robbes :

J'ai tout d'abord été fortement intéressé par C.G. Jung, le premier psychanalyste à aborder le thème de l’âme, ce qui n’était pas courant, car Freud parlait de l’âme d’une façon culturelle. Il a apporté une plus grande ouverture d’esprit au métier de psy, car sa conception de l’appareil psychique est beaucoup plus large et va beaucoup plus loin.

Ensuite, je me suis aperçu qu’il était difficile de dissocier l’individuel du collectif pour comprendre l'être humain,

avant d'envisager le coaching ...c'est très important ..

PRESSE : Pouvez-vous expliquer cette notion ?

J.Y.M-R :  Freud, Mélanie Klein, Anna Freud ont voulu expliquer les causes de la névrose, par l’histoire personnelle, l’enfant, la famille, l’éducation, de la naissance à l’adolescence. Or, si les gens sont névrosés, ce n’est pas uniquement à cause de leur histoire personnelle. Il y a également une partie collective qui génère le mal être. C’est pour cette raison qu’on ne peut dissocier l’individuel du collectif ainsi que tout l'environnement de la personne .

C.G. Jung dit : «chacun découpe dans le monde ce qui lui convient et dresse, de son monde privé un système privé, bien souvent enfermé dans des cloisons étanches, si bien qu’au bout d’un certain temps, il a l’impression de connaître le sens et la structure de l’univers, Or le fini ne saisira jamais l’infini». Jung dit également que pour lui la société est une menace parce qu’elle domestique l’individu, le musèle et le baillonne. Il faut donc à tout prix donner à l’être humain la possibilité de se réconcilier avec son âme et sa psyché, l’aider à développer son indépendance, son autonomie et surtout sa liberté de penser.

PRESSE : Et cette liberté de pensée passe par quoi ?

 

J.Y.M.R  Par la phase d’individuation. L’homme doit passer par cette individuation pour se connaître, le fameux «connais-toi toi-même» de Socrate qui va permettre de développer sa personnalité, qui s’oppose à la persona, qui en latin veut dire, «masque». Malheureusement, bien souvent, les gens qui nous entourent agissent avec leur persona., que ce soit dans la famille, dans l’entreprise. Chacun joue un rôle, parce qu’il pense qu’il est comme cela.

Mais si on passe par cette phase d’individuation, on aboutit à un centrage de soi, que l’on retrouve dans le Yoga et le Zen.

Jung nous dit en parlant de l’expérience de l’individuation : «c’est une expérience à laquelle contribue conscient, inconscient, corporel et trans-individuel». Pour lui, le processus d’individuation qui a le mieux fonctionné, était le Bouddha. Et c’est vrai que quand on médite, on arrive à se centrer sur soi.

PRESSE : Comment avez-vous expérimenté ce centrage sur soi ?

J.Y.M. : Quand on essaie d’aller au-delà de la conscience, on travaille sur la respiration et en particulier sur l’expiration. On essaie de la faire descendre dans le hara. Il y a un effet de centrage. Une des premières fois où j’ai pratiqué la méditation, la phrase de Descartes «je pense donc je suis» m’est venue spontanément car je me demandais si j’étais toujours là. Il y avait cette notion d’atemporalité, et je me suis raccroché à la phrase de Descartes. Au début cela fait peur. On part à la rencontre de soi-même...

Toujours sur la phase d’individuation, Jung dit  encore: «c’est un principe de mise en question et de conflit, mais aussi de conjonction, d’autorégulation et d’unification, agissant dans la dynamique de la condensation ou par l’effet de centrage».

PRESSE : Vous avez dit que le mal-être de l’homme n’était pas uniquement le fruit de son histoire personnelle mais également d’une part d’inconscient collectif. Pouvez-vous préciser ?

J.Y.M.R. : L’inconscient était pour Freud composé de tous les éléments refoulés par le conscient. Personnellement, je ne crois pas que l’inconscient soit uniquement un réceptacle prêt à recevoir tout ce qui est refoulé. Dans l’inconscient, on trouve également des germes lointains que Jung appelle archétypes, sortes d’images primordiales, comme de très vieilles diapositives sous forme de germe à venir, qui de temps en temps peuvent faire surface. C’est ce qu’on appelle l’inconscient collectif. Mais souvent, il y a une dualité entre conscient et inconscient, inconscient personnel et inconscient collectif et c’est cela qui cause le mal être.

Jung dit : «le névrosé ne constitue qu’un cas d’espèce de l’homme civilisé en désaccord avec lui-même, du seul fait qu’il doit concilier en lui nature et culture». Comme on le sait, le processus même de la civilisation consiste à faire disparaître progressivement l’animalité en l’homme. Or cette action peut entraîner une révolte de la part de la nature animale, assoiffée de liberté. La raison profonde de la névrose, c’est qu’il y a une lutte permanente entre le côté animal et le centre de la conscience , le moi .

Il y a donc un effet de dynamique entre inconscient et conscient et entre inconscient collectif et inconscient individuel.

PRESSE : Jung parle du moi et du Soi. Quelle est la différence entre le Moi et le Soi ?

Le moi est le centre de la conscience, le Soi est non seulement le centre de la psyché mais également sa circonférence.

. Quand la personne a atteint la phase d’individuation, son moi change, se libère et évolue, pour atteindre l’être de l’individu, son Soi. Le moi se libère de tout ce qui le fait souffrir mais pas des causes extérieures. C’est pour cela qu’il faut agir à la fois sur l’individu et sur la société.

PRESSE : Ce n’est qu’une fois atteint le stade d’individuation, qu’on peut agir au niveau de la société ?

J.Y.M.R : Quand on a travaillé sur soi, construit sa véritable personnalité, alors là on peut rejoindre la société. On peut œuvrer en commun. C’est une erreur de croire que tout peut venir du collectif que c’est la collectivité qui changera l’individu. C’est l’individu qui changera la collectivité.

PRESSE : Comment concilier l’individuation avec la société actuelle ?

J.Y.M.R : Quand on a atteint l’état d’individuation, on n’a plus peur et on Ose.

Le problème est la société dans laquelle on vit , elle étouffe l'individu ! D'où ce besoin de retrouver au plus vite une société de Libertés ...

Le système a voulu à tout prix tuer tout ce qu’il y a d’affectif, de chaleureux, tout ce qui réjouit l’homme. Ne nous étonnons pas ensuite que l’homme soit en manque, qu’il tombe dans un mal être plus ou moins profond. Et si c’est le cas, on dira de lui qu’il est inadapté. Est- ce que c’est l’homme qui est inadapté ou est-ce l’homme qui ne peut pas s’adapter à la société qu’on lui impose ?

Ces problèmes de masse engendrent ce que Jung appelle des «épidémies psychiques». Le plus grand danger pour l’homme n’est pas le sida, pas les bactéries, le sida c’est l’épidémie psychique.

PRESSE. : Qu’appelez-vous épidémie psychique ?

J.Y.M.R : Un exemple d’épidémie psychique : la violence dans les villes. Tant que l’homme n’a pas harmonisé l’inconscient et le conscient, tant que son inconscient collectif est étouffé, c’est là où Jung explique qu’il y a des émanations. Plus on étouffe et plus cela va ressortir de façon violente. Le brasier des épidémies psychiques se trouve dans l’inconscient constamment étouffé. Et on couvre cette plaie pour ne pas la voir. Un beau jour elle explose sous forme de violence.

La société engendre la pensée unique , l’intellectuellement et le politiquement correct. Le système essaie de convaincre en douceur que les personnes qui osent dire qu’elles ne sont pas d’accord, sont des révolutionnaires, donc des danger. Or, ces gens qui n’ont rien de violent, veulent simplement revenir à une vie plus saine et plus humaine.

PRESSE : Comment vivre la contradiction ?

J.Y.M.R. : Il y a ceux qui vivent très mal qui suffoquent et qui développent des maladies psychosomatiques. Il y a ceux qui développent des accès de violence (colère, casse dans les rues) car l’instinct se réveille. À un moment donné, on va couvrir et c’est là qu’intervient la psychiatrie. Elle assure le politiquement et l’intellectuellement correct. Elle fait son commerce sur la croyance de la maladie et de la substance chimique. On va injecter une substance alors que Jung dit que c’est une «blessure de l’âme» car l’âme a été heurtée. La personne disjoncte, est intoxiquée. Il faut nettoyer. Le travail du psychanalyste est de comprendre le mal-être, permettre le redémarrage, de rétablir la connexion. Le processus d’individuation est le nettoyage, l’enlèvement des programmes erronés. On repart en allant directement à l’essentiel. On peut dépasser, digérer, regarder les problèmes en face.

Imaginez un homme primitif qui dialogue avec les esprits ou avec son inconscient. Cela fait partie de sa culture et c’est naturel. Dans son pays, cet homme ne sera pas enfermé pour maladie mentale. Si vous mettez cet homme dans une société moderne, on va dire qu’il délire, qu’il entend des voix et on va l’enfermer. Jung dit : «Notre réalité arbitrairement circonscrite est continuellement menacée par le supra sensible, le surnaturel, le surhumain ; la réalité orientale renferme naturellement tout cela».

PRESSE : Comment dépasser ce clivage ?

J.Y.M.R : Ce clivage est une dualité nécessaire. Il n’y a pas de lumière sans ombre. Il n’y a pas de silence sans bruit. Jung parle de réconcilier les contraires. L’homme doit prendre connaissance de son ombre. L’Occident a connu le XVIIIe siècle qui était le siècle des Lumières. À cette époque, il n’y avait pas d’ombre du tout. C’était très éclairé, très rationnaliste, scientifique. Jung est l’anti-rationnel même ! Il a osé s’affronter à Freud (le Père) et s’est détaché de lui.

PRESSE : Pouvez-vous nous parler de la blessure de l’âme ?

J.Y.M.R. : Je disais précédemment que le psychanalyste tentait de rétablir la connexion pour réparer la blessure de l’âme. Quand je travaille avec un patient, je rentre en connexion avec son âme.

Jung dit : «l’étude scientifique de cette âme est la science de l’avenir». Il s’agit de comprendre, d’observer. On ne cache rien. On met tout au grand jour. On fait partie d’un Tout, on fait Un avec le Tout . On essaie de comprendre plutôt que de dire, j’ai compris.

 

PRESSE : Revenons à votre actualité si vous le voulez bien maintenant . Vous êtes Président de l'AFPE , que veut dire "psychanalyse évolutive " ?

J.Y.M.R :  La psychanalyse est évolutive depuis sa création et elle doit le rester . Nous voulons continuer l'oeuvre et non reprendre et répéter sans cesse la même chose ...vous comprenez ?

PRESSE :  Voulez-vous dire que vous remettez en cause certaines théories  ?

J.Y.M.R : Pas forcément remettre en cause , mais plutôt réfléchir à nouveau . Mais là n'est pas le principal de notre action .Nous voulons provoquer les rencontres .La psychanalyse est trop repliée sur elle-même en France et en Europe en général .Pour nous , toute technique qui permet l'introspection est "bonne" . Vous voyez , pour nous , il n'y a pas que la libre association .Le rêve éveillé doit être expérimenté .

PRESSE : Vous avez donné votre démission de votre poste de délégué pour la France de l' AEP ? Pourquoi ?

 

J.Y.M.R : Et bien , pour ces raisons justement . Je suis un homme "libre" qui souhaite faire avancer le champ psychanalytique , repenser en créant des laboratoires de réflexions , faire sortir la psychanalyse du Divan Freudien , proposer une formation la plus ouverte et complète possible pour le psychanalyste de demain .Le Divan est important mais il n'y pas pas que le Divan ...L'imagination active par exemple est une méthode qui permet aux éléments "lointains" de venir s'exrimer par l'écriture , la poésie , les couleurs ou encore la musique .Nous pouvons ensuite vraiment travailler sur les symboles .Nous devons favoriser l'individuation et donc la connaissance de soi .Sur le plan clinique , l'apport de Sandor Ferenczi me semble aussi très interessant , en particulier ce qu'il a appelé lui-même "bandage psychique" .Enfin , je rejoins François Roustang dans sa démarche d'écothérapie .

Il faut installer un processus d'harmonisation , qui intègre la méditation , l'analyse des profondeurs, qui prépare la rencontre des opposés au plus profond de nous-mêmes .

L'homme  entre alors dans un processus d'intégration .Il ne peut rester séparé dans son esprit comme le dit Roustang , il doit avancer dans un contexte , un environnement, dans lequel il va pouvoir y trouver ses repères .Voila pourquoi nous ne pouvons séparer l'individuel du collectif pour comprendre la situation et l'évolution du sujet .Nous devons donc favoriser l'arrivée d'une société de Liberté favorisant la réalisation des personnalités , et cela, partout dans le monde .

 

0_abcdefghj

 

 


Fiche Professionnelle de Jean -Yves METAYER-ROBBES


 

Prénom : Jean -Yves Profession  : Psychanalyste

Coach

 

Adresse professionnelle : Résidence de France  76600  LE HAVRE

 

Pays : France


Téléphone : 06 16 21 07 95

 

Se déplace dans les départements : 76 

 

Inscrit sur l'annuaire AFPE  : Oui

 

Qualification professionnelle * : Psychanalyste inscrit dans un annuaire

 

Pratique la supervision : Supervision et Analyse de la pratique psychothérapeutique

Contrôle et analyse de la pratique psychanalytique

Régulation d'équipe

 

Orientation psychanalytique : Jungienne

Reichienne

 

 

Courant méthodologique 

de psychothérapie : Psychothérapie Intégrative 

Relaxation thérapeutique Jacobson et Schultz et Vittoz 

Le coaching-thérapeutique 

Psychothérapie psychanalytique

Hypno thérapie (hypnose classique, hypnose éricksonienne, sophrothérapie)

Rêve éveillé analytique 

Rêve éveille libre

Sophro-analyse

Coaching

 

Types de coaching : Coaching individuel

Coaching de groupe

Types de patients : Adolescents

Adultes

Types de séances : Individuelles

Groupes

Autre(s) langue(s) pratiquée(s) : Anglais

Italien

 

Consultation(s) : à domicile

par téléphone

à son cabinet (voir adresse ci-dessus)

 

Règlement de la consultation : chèque

espèces

Description : Psychanalyste Jungien, ancien délégué national de l'AEP

Association Européenne de Psychanalyse, je suis Président de l'AFPE ,Association Française de Psychanalyse Evolutive .

Formé en relaxation psychosomatique par le Docteur Vurpillot à la Fondation MCH , je pratique le coaching au Havre .

Société : COACHING LH

 

 


 

 

 


Posté par acpafpe à 10:32 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


17 février 2010

JEAN YVES METAYER-ROBBES ,certifié par la FONDATION C.M.H

 

 La Fondation

 connaissance  maîtrise  harmonie 


Association à but non lucratif

 Sarlat 1978

Bergerac 2002

 

 

 

 

 

Je soussigné Docteur jean Vurpillot président de l’association « Connaissance- Maîtrise et Harmonie », certifie :

 

Monsieur Jean-Yves Métaye-Robbes a été un élève assidu à nos cours et expériences de 1990 à 1995 et a participé à nos travaux de relaxation , d’introspection type analyse de Carl Gustav Jung, de gestion des stress et y compris des stress au travail.

Il a expérimenté avec succès nos expériences de gestion du moi face aux conflits émotionnels inhérents au travail, à la vie de famille, à la vie du citoyen responsable.

L’utilisation de la relaxation psychosomatique a été le complément épanouissant des introspections et des notions d’impeccabilité, d’implacabilité, du développement de la patience attentive et de la joie de vivre.

Depuis 1995 Jean-Yves Métayer-Robbes a continué à être notre correspondant et à participer aux progrès de nos méthodes d’épanouissement personnel.


Son expérience a été mise à l’épreuve sur des plans individuels et collectifs.

 

Jean Vurpillot

Docteur en médecine

Relaxologue

 

 

 

 

Posté par acpafpe à 20:25 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
13 avril 2012

PSYCHANALYSE JUNGIENNE

 


En savoir plus sur la psychanalyse jungienne.

Posté par acpafpe à 10:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

QUAND ? QUI ? COMBIEN ?

 


Consulter un psy : quand, qui, combien.

Posté par acpafpe à 10:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]