Rencontre avec Jean-Yves Métayer

la Psychanalyse de demain . . .

10 septembre 2009

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16 octobre 2008

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Jean-Yves METAYER

Président Fondateur

de l'Association  A CORPS PARFAIT

association française de Psychanalyse évolutive

Après avoir commencé une analyse à l’âge de dix-sept ans et demi avec un psychanalyste freudien puis un Jungien, Jean-Yves Metayer étudie et pratique le yoga et le Zazen avant de devenir ensuite lui-même psychanalyste d’orientation jungienne et  Président - Fondateur de l'AFPE .

PRESSE :

Jean-Yves Metayer, vous êtes psychanalyste . Qu’est ce qui vous a amené à vous intéresser à C. G. Jung ?

Jean-Yves Metayer :

C.G. Jung a été le premier psychanalyste à aborder le thème de l’âme, ce qui n’était pas courant, car Freud parlait de l’âme d’une façon culturelle. Il a apporté une plus grande ouverture d’esprit au métier de psychanalyste, car sa conception de l’appareil psychique est beaucoup plus large et va beaucoup plus loin.

Ensuite, je me suis aperçu qu’il était difficile de dissocier l’individuel du collectif.

PRESSE : Pouvez-vous expliquer cette notion ?

J.Y.M. : Les psychanalystes classiques tels que Freud, Mélanie Klein, Anna Freud ont voulu expliquer les causes de la névrose, par l’histoire personnelle, l’enfant, la famille, l’éducation, de la naissance à l’adolescence. Or, si les gens sont névrosés, ce n’est pas uniquement à cause de leur histoire personnelle. Il y a également une partie collective qui génère le mal être. C’est pour cette raison qu’on ne peut dissocier l’individuel du collectif.

C.G. Jung dit : «chacun découpe dans le monde ce qui lui convient et dresse, de son monde privé un système privé, bien souvent enfermé dans des cloisons étanches, si bien qu’au bout d’un certain temps, il a l’impression de connaître le sens et la structure de l’univers, Or le fini ne saisira jamais l’infini». Jung dit également que pour lui la société est une menace parce qu’elle domestique l’individu, le musèle et le baillonne. Il faut donc à tout prix donner à l’être humain la possibilité de se réconcilier avec son âme et sa psyché, l’aider à développer son indépendance, son autonomie et surtout sa liberté de penser.

PRESSE : Et cette liberté de pensée passe par quoi ?

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J.Y.M.  Par la phase d’individuation. L’homme doit passer par cette individuation pour se connaître, le fameux «connais-toi toi-même» de Socrate qui va permettre de développer sa personnalité, qui s’oppose à la persona, qui en latin veut dire, «masque». Malheureusement, bien souvent, les gens qui nous entourent agissent avec leur persona., que ce soit dans la famille, dans l’entreprise. Chacun joue un rôle, parce qu’il pense qu’il est comme cela.

Mais si on passe par cette phase d’individuation, on aboutit à un centrage de soi, que l’on retrouve dans le Yoga et le Zen.

Jung nous dit en parlant de l’expérience de l’individuation : «c’est une expérience à laquelle contribue conscient, inconscient, corporel et trans-individuel». Pour lui, le processus d’individuation qui a le mieux fonctionné, était le Bouddha. Et c’est vrai que quand on médite, on arrive à se centrer sur soi.

PRESSE : Comment avez-vous expérimenté ce centrage sur soi ?

J.Y.M. : Quand on essaie d’aller au-delà de la conscience, on travaille sur la respiration et en particulier sur l’expiration. On essaie de la faire descendre dans le hara. Il y a un effet de centrage. Une des premières fois où j’ai pratiqué la méditation, la phrase de Descartes «je pense donc je suis» m’est venue spontanément car je me demandais si j’étais toujours là. Il y avait cette notion d’atemporalité, et je me suis raccroché à la phrase de Descartes. Au début cela fait peur. On part à la rencontre de soi-même.

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©LSARAHDUBAS

Toujours sur la phase d’individuation, Jung dit  encore: «c’est un principe de mise en question et de conflit, mais aussi de conjonction, d’autorégulation et d’unification, agissant dans la dynamique de la condensation ou par l’effet de centrage».

PRESSE : Vous avez dit que le mal-être de l’homme n’était pas uniquement le fruit de son histoire personnelle mais également d’une part d’inconscient collectif. Pouvez-vous préciser ?

J.Y.M. : L’inconscient était pour Freud composé de tous les éléments refoulés par le conscient. Personnellement, je ne crois pas que l’inconscient soit uniquement un réceptacle prêt à recevoir tout ce qui est refoulé. Dans l’inconscient, on trouve également des germes lointains que Jung appelle archétypes, sortes d’images primordiales, comme de très vieilles diapositives sous forme de germe à venir, qui de temps en temps peuvent faire surface. C’est ce qu’on appelle l’inconscient collectif. Mais souvent, il y a une dualité entre conscient et inconscient, inconscient personnel et inconscient collectif et c’est cela qui cause le mal être.

Jung dit : «le névrosé ne constitue qu’un cas d’espèce de l’homme civilisé en désaccord avec lui-même, du seul fait qu’il doit concilier en lui nature et culture». Comme on le sait, le processus même de la civilisation consiste à faire disparaître progressivement l’animalité en l’homme. Or cette action peut entraîner une révolte de la part de la nature animale, assoiffée de liberté. La raison profonde de la névrose, c’est qu’il y a une lutte permanente entre le côté animal et le centre de la conscience , le moi .

Il y a donc un effet de dynamique entre inconscient et conscient et entre inconscient collectif et inconscient individuel.

PRESSE : Jung parle du moi et du Soi. Quelle est la différence entre le Moi et le Soi ?

Le moi est le centre de la conscience, le Soi est non seulement le centre de la psyché mais également sa circonférence.

. Quand la personne a atteint la phase d’individuation, son moi change, se libère et évolue, pour atteindre l’être de l’individu, son Soi. Le moi se libère de tout ce qui le fait souffrir mais pas des causes extérieures. C’est pour cela qu’il faut agir à la fois sur l’individu et sur la société.

PRESSE : Ce n’est qu’une fois atteint le stade d’individuation, qu’on peut agir au niveau de la société ?

J.Y.M. : Quand on a travaillé sur soi, construit sa véritable personnalité, alors là on peut rejoindre la société. On peut œuvrer en commun. C’est une erreur de croire que tout peut venir du collectif que c’est la collectivité qui changera l’individu. C’est l’individu qui changera la collectivité.

PRESSE : Comment concilier l’individuation avec la société actuelle ?

J.Y.M. : Quand on a atteint l’état d’individuation, on n’a plus peur et on Ose.

Le problème est la société dans laquelle on vit : l’argent, le pouvoir, le profit, le productivisme et la mondialisation de l’économie. De là découlent tous les problèmes.

Le système a voulu à tout prix tuer tout ce qu’il y a d’affectif, de chaleureux, tout ce qui réjouit l’homme. Ne nous étonnons pas ensuite que l’homme soit en manque, qu’il tombe dans un mal être plus ou moins profond. Et si c’est le cas, on dira de lui qu’il est inadapté. Est- ce que c’est l’homme qui est inadapté ou est-ce l’homme qui ne peut pas s’adapter à la société qu’on lui impose ?

Ces problèmes de masse engendrent ce que Jung appelle des «épidémies psychiques». Le plus grand danger pour l’homme n’est pas le sida, pas les bactéries, le sida c’est l’épidémie psychique.

PRESSE. : Qu’appelez-vous épidémie psychique ?

J.Y.M : Un exemple d’épidémie psychique : la violence dans les villes. Tant que l’homme n’a pas harmonisé l’inconscient et le conscient, tant que son inconscient collectif est étouffé, c’est là où Jung explique qu’il y a des émanations. Plus on étouffe et plus cela va ressortir de façon violente. Le brasier des épidémies psychiques se trouve dans l’inconscient constamment étouffé. Et on couvre cette plaie pour ne pas la voir. Un beau jour elle explose sous forme de violence.

La société engendre la pensée unique et l’intellectuellement et le politiquement correct. Le système essaie de convaincre en douceur que les personnes qui osent dire qu’elles ne sont pas d’accord, sont des révolutionnaires, donc des danger. Or, ces gens qui n’ont rien de violent, veulent simplement revenir à une vie plus saine et plus humaine. Le système a tout orchestré au cas où l’individu commence a émettre ses propres idées.

PRESSE : Comment vivre la contradiction ?

J.Y.M. : Il y a ceux qui vivent très mal qui suffoquent et qui développent des maladies psychosomatiques. Il y a ceux qui développent des accès de violence (colère, casse dans les rues) car l’instinct se réveille. À un moment donné, on va couvrir et c’est là qu’intervient la psychiatrie. Elle assure le politiquement et l’intellectuellement correct. Elle fait son commerce sur la croyance de la maladie et de la substance chimique. On va injecter une substance alors que Jung dit que c’est une «blessure de l’âme» car l’âme a été heurtée. La personne disjoncte, est intoxiquée. Il faut nettoyer. Le travail du psychanalyste est de comprendre le mal-être, permettre le redémarrage, de rétablir la connexion. Le processus d’individuation est le nettoyage, l’enlèvement des programmes erronés. On repart en allant directement à l’essentiel. On peut dépasser, digérer, regarder les problèmes en face.

Imaginez un homme primitif qui dialogue avec les esprits ou avec son inconscient. Cela fait partie de sa culture et c’est naturel. Dans son pays, cet homme ne sera pas enfermé pour maladie mentale. Si vous mettez cet homme dans une société moderne, on va dire qu’il délire, qu’il entend des voix et on va l’enfermer. Jung dit : «Notre réalité arbitrairement circonscrite est continuellement menacée par le supra sensible, le surnaturel, le surhumain ; la réalité orientale renferme naturellement tout cela». En Occident, si on reste à l’intérieur des contours pas de problème. Mais si on va à l’extérieur, alors on n’est plus dans la norme.

PRESSE : Comment dépasser ce clivage ?

J.Y.M. : Ce clivage est une dualité nécessaire. Il n’y a pas de lumière sans ombre. Il n’y a pas de silence sans bruit. Jung parle de réconcilier les contraires. L’homme doit prendre connaissance de son ombre. L’Occident a connu le XVIIIe siècle qui était le siècle des Lumières. À cette époque, il n’y avait pas d’ombre du tout. C’était très éclairé, très rationnaliste, scientifique. Jung est l’anti-rationnel même ! Il a osé s’affronter à Freud (le Père) et s’est détaché de lui.

PRESSE : Pouvez-vous nous parler de la blessure de l’âme ?

J.Y.M. : Je disais précédemment que le psychanalyste tentait de rétablir la connexion pour réparer la blessure de l’âme. Quand je travaille avec un patient, je rentre en connexion avec son âme.

Jung dit : «l’étude scientifique de cette âme est la science de l’avenir». Il s’agit de comprendre, d’observer. On ne cache rien. On met tout au grand jour. On fait partie d’un Tout, on fait Un avec le Tout . On essaie de comprendre plutôt que de dire, j’ai compris.

PRESSE : Revenons à votre actualité si vous le voulez bien maintenant . Vous êtes Président de l'AFPE , que veut dire "psychanalyse évolutive " ?

JYM :  La psychanalyse est évolutive depuis sa création et elle doit le rester . Nous voulons continuer l'oeuvre et non reprendre et répéter sans cesse la même chose ...vous comprenez ?

PRESSE :  Voulez-vous dire que vous remettez en cause certaines théories  ?

JYM : Pas forcément remettre en cause , mais plutôt réfléchir à nouveau . Mais là n'est pas le principal de notre action .Nous voulons provoquer les rencontres .La psychanalyse est trop repliée sur elle-même en France et en Europe en général .Pour nous , toute technique qui permet l'introspection est "bonne" . Vous voyez , pour nous , il n'y a pas que la libre association .Le rêve éveillé doit être expérimenté .

PRESSE : Vous avez donné votre démission de votre poste de délégué pour la France de l' AEP ? Pourquoi ?

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JYM : Et bien , pour ces raisons justement . Je suis un homme "libre" qui souhaite faire avancer le champ psychanalytique , repenser en créant des laboratoires de réflexions , faire sortir la psychanalyse du Divan Freudien , proposer une formation la plus ouverte et complète possible pour le psychanalyste de demain .Le Divan est important mais il n'y pas pas que le Divan ...L'imagination active par exemple est une méthode qui permet aux éléments "lointains" de venir s'exprimer par l'écriture , la poésie , les couleurs ou encore la musique .Nous pouvons ensuite vraiment travailler sur les symboles .Nous devons favoriser l'individuation et donc la connaissance de soi .Sur le plan clinique , l'apport de Sandor Ferenczi me semble aussi très interessant , en particulier ce qu'il a appelé lui-même "bandage psychique" .

Il faut installer un processus d'harmonisation , qui intègre la méditation , l'analyse des profondeurs, qui prépare la rencontre des opposés au plus profond de nous-mêmes .

Je pense qu' une seule méthode ne peut pas permettre cette harmonisation .C'est ce que je propose avec A CORPS PARFAIT , pour avancer vers un ACCORD PARFAIT ...

La formation que je propose est intégrative et évolutive , je l'ai appelée PSYCHANALYSE EVOLUTIVE INTEGRATIVE .

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  • Analyse Freudienne et analyse Jungienne pendant 11 ans ...

  • Certifié par la Fondation Connaissance Maitrise Harmonie du Docteur VURPILLOT .

  • Yoga , Zen , sophrologie avec suzanne Chauvel, France.

  • Diplôme supérieur d'enseignement de musique de l'Ecole Normale de Musique de Paris.

  • ancien professeur à l'E.N.M.P

  • ancien élève de Pierre AMOYAL

  • Recherche en musicothérapie et musico-analyse

  • Méditation Analytique


Reconnaissance professionnelle

  • ASSOCIATION EUROPEENNE DE PSYCHANALYSE

  • FONDATION MAITRISE CONNAISSANCE HARMONIE " DOCTEUR JEAN VURPILLOT"

  • ASSOCIATION FRANCAISE DE PSYCHANALYSE EVOLUTIVE

  • SACEM


Orientation théorique

  • JUNG , REICH , KLEIN , FERENCZI .VURPILLOT .


Services offerts

  • analyse , relaxation , rêve éveillé , gestion du stress , méditation analytique ...


Clientèle

  • ADULTES   ADOS   ENFANTS      3


Ateliers et séminaires

  • relaxation & individuation

  • ATELIER A " analyse des profondeurs - méditation analytique"


Conférences

  • PALAIS DES CONGRES DE PARIS : animateur de la " table ronde de la Psychanalyse" MAI 2006 .

  • ACADEMIE DES SCIENCES DES ARTS ET DES BELLES LETTRES / LE HAVRE /

  • ATELIER Z centre culturel Christiane PEUGEOT / PARIS / 1 er Oct 2008 / 18 Fev 2009 /

  • AIS INFO SANTE CAEN JEUDI 16 AVRIL 2009 avec Patricia DAUDRE


Domaine de recherche

  • Analyse des profondeurs

  • le symbole dans le rêve


Collaboration dans les médias

  • PARENTHESES RADIO

  • RADIO FORCE 7     Producteur de " MUSICALEMENT VÖTRE"


Formations offertes

  • FORMATIONS DE L'ASSOCIATION FRANCAISE DE PSYCHANALYSE EVOLUTIVE AU HAVRE / FRANCE /


Informations diverses

  • Président Fondateur de l'Association Française de Psychanalyse Evolutive

  • Président d'A CORPS PARFAIT


Langues utilisées

  • Français, Anglais.

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